La prière du chapelet

La prière du chapelet

  1. La composition du chapelet

Le chapelet est composé de cinq « dizaines » de chapelet, matérialisés par cinq groupes de dix grains, entre lesquels s’insère un grain séparateur. Prier une dizaine de chapelet consiste à réciter un notre Père (grain séparateur initial), puis dix Je vous salue Marie (les dix grains) et enfin un Gloire au Père et la prière de l’Ange à Fatima (grain séparateur à l’issue de la dizaine).

Lorsque le chapelet est récité en entier, un grain séparateur sert à la fois à conclure la dizaine précédente (Gloire au Père + prière de l’Ange à Fatima) et à introduire la dizaine suivante (Notre Père). De plus, toujours lorsque le chapelet est récité en entier, il est introduit par le symbole des Apôtres (sur la croix du chapelet), un Notre Père (sur le grain isolé), trois Je vous Salut Marie (groupe de trois grains) et un Gloire au Père (dernier grain isolé). Sur ce dernier grain, on récite également le notre Père introductif à la première dizaine de chapelet.

N.B. : on appelle Rosaire un ensemble de trois chapelets.

SYMBOLE DES APOTRES : Je crois en Dieu, Le Père tout-puissant, Créateur du Ciel et de la Terre ; et en Jésus-Christ, son fils unique, Notre Seigneur, qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts ; est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois au Saint Esprit, à la Sainte Eglise Catholique, à la communion des Saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Ainsi soit-il.

NOTRE PERE : Notre Père qui êtes aux Cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel. Donnez-nous aujourd’hui notre pain de chaque jour, pardonnez nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, et  ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez nous du mal. Ainsi soit-il.

JE VOUS SALUE MARIE : Je vous salue Marie, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus le fruit de vos entrailles est béni. Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous pauvres pêcheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Ainsi soit-il.

GLOIRE AU PERE : Gloire soit au Père, au fils et au Saint Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

PRIERE DE L’ANGE A FATIMA : O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, et conduisez au ciel toutes les âmes. Nous vous prions spécialement pour celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

  • Les mystères du rosaire

La prière du rosaire comporte une deuxième dimension : à la récitation des prières (comme décrite ci-dessous) s’ajoute la méditation des Mystères du rosaire. Il s’agit, tandis que l’on récite pieusement les prières, de s’unir avec la Sainte Vierge aux grands évènements de la vie de Jésus (= mystères) pour y communier à la charité par laquelle Dieu nous a ainsi aimés, et demander des grâces particulières (= fruits du mystère). Le mystère et le fruit du mystère s’énoncent au début de la dizaine de chapelet, avant le Notre Père.

Ces mystères sont regroupés par cinq (un par dizaine), à savoir cinq mystères joyeux (centrés sur l’Incarnation), cinq mystères douloureux (centrés sur la Rédemption) et cinq mystères glorieux (centrés sur la vie future). Les mystères joyeux se récitent habituellement les lundi et jeudi, les mystères douloureux, les mardi et vendredi, les mystères glorieux les mercredi , samedi et dimanche.

MYSTERES JOYEUX (INCARNATION)

  1. L’Annonciation – fruit du mystère : l’humilité 

L’ange Gabriel, envoyé par Dieu, demande à la Vierge Marie de devenir la mère du Sauveur tout en restant vierge. Son humilité a attiré sur elle le regard du Ciel.

  • La Visitation – fruit : La Charité chrétienne

En témoignage de sa puissance, Dieu avait également fait annoncer à Marie qu’Elisabeth, sa cousine âgée et stérile, attendait un enfant. Marie part l’aider. Lors de leur rencontre, le futur Saint Jean-Baptiste tressaille dans le sein d’Elisabeth qui est ainsi avertie miraculeusement du mystère qui habite la Sainte Vierge.

  • La Nativité – fruit : le détachement des biens de ce monde

C’est Noël, la naissance de l’enfant Dieu dans la crèche de Bethléem, les habitants de la ville ayant refusé d’accueillir la Sainte Famille. « Mais à tous ceux qui l’ont reçu, a été donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jn , 1,9)

  • La Présentation de Jésus au Temple et la Purification de la Sainte Vierge – fruit : l’obéissance et la pureté

La sainte famille se soumet aux lois juives, et présente Jésus au Temple quarante jours après sa naissance, comme tout premier né censé appartenir à Dieu. Cette cérémonie  comprenait également la purification légale de la jeune mère. La figure ici devient réalité : Notre Seigneur appartient en vérité à Dieu (il est Dieu) et entre officiellement dans son temple.

  • Le recouvrement de Jésus au Temple – fruit : la recherche de Dieu en toute chose

A l’âge de 12 ans, Notre Seigneur reste au Temple après la Pâque, tandis que la Sainte Vierge et Saint Joseph le recherchent tout éplorés pendant trois jours. Ils le retrouvent enseignant au milieu des docteurs de la Loi.  « Ne savez vous pas que je dois être aux affaires de mon Père ? »

MYSTERES DOULOUREUX (Rédemption)

  1. L’Agonie de Jésus au jardin des Oliviers – fruit : la contrition (le regret) de nos péchés

La veille de sa passion, Le Christ, après avoir institué » l’Eucharistie lors de la dernière Cène, se retire de nuit au jardin des Oliviers, ou une terrible angoisse l’envahit : angoisse de sa mort qu’il voit par avance, angoisse surtout face au drame de nos péchés et de tant d’âmes qui, faute de les regretter, ne profiteront pas des fruits de sa Passion salutaire.

  • La flagellation – fruit : La mortification des sens (du corps, e la sensualité)

Arrêté et jugé injustement par Pilate, le Christ subit le supplice de la flagellation romaine dont on dit qu’un supplicié sur trois mourrait. « Notre Seigneur voulut ainsi expier plus partiellement les fautes d’impureté.

  • Le Couronnement d’épines – fruit : la mortification de l’esprit et du cœur (de l’orgueil et de l’amour propre)

Flagellé, Notre Seigneur est ensuite tourné en dérision par la cohorte de soldats, qui se moquent de sa royauté. C’est ce qu’avait fait le pêché d’orgueil d’Adam, refusant de vivre dans la dépendance de Dieu.

  • Le portement de la Croix – fruit : la patience dans les épreuves

Notre Seigneur est chargé de sa croix ; On le suivra intérieurement en toutes ces stations qui composent le chemin de croix.

  • La mort de Jésus sur la Croix – fruit : le don de soi à l’œuvre de la Rédemption

« Il m’a aimé et s’est livré pour moi ». Que ferai-je pour lui en retour ?

MYSTERES GLORIEUX (le Ciel)

  1. La résurrection de Jésus – fruit : la foi

Ressuscité des morts, le Christ glorieux est le premier né d’une multitude. Montrant la puissance de sa divinité, il entend nous en faire bénéficier.

  • L’Ascension – fruit : l’espérance, le désir du Ciel

Quarante jours après sa résurrection, Notre Seigneur s’élève au Ciel avec son corps glorieux, où il siège pour l’éternité. « Je m’en vais vous préparer une place », avait-il dit. « Si vous êtes ressuscités avec le Christ (par le baptême) recherchez les choses d’en haut, et non celles d’en bas »

  • La Pentecôte – fruit : la descente du Saint Esprit en nos âmes et le zèle apostolique

Dix jours après l’Ascension, le Saint Esprit envahit avec effusion les apôtres réunis au Cénacle. De timorés qu’ils étaient, ils partent prêcher l’Evangile dans l’univers entier, heureux d’avoir par la suite quelque chose à souffrir pour le Christ.  

  • L’Assomption de la Très Sainte Vierge Marie – fruit : la grâce d’une bonne mort

Notre Dame eut la grâce de monter au Ciel dès sa mort, et avec son corps. Celui-ci est glorieux dans les Cieux, comme celui de son divin fils.

  • Le Couronnement de la Très sainte vierge Marie dans le Ciel – fruit : une grande dévotion mariale

Pleine de grâce et glorieuse, la Sainte Vierge est Reine du Ciel et de la terre. Elle est médiatrice de toute grâce.

Simone Veil : femme incomprise, idiote utile ou traitre à la nation ?

Simone Veil : femme incomprise, idiote utile ou traitre à la nation ?

Morte le 30 juin dernier, Simone Veil a passionné le milieu médiatique ces derniers jours. Elle est désormais érigée en icône féministe et européiste, en figure de proue de la République. L’esprit moderne se caractérisant par sa capacité d’oubli du passé, y compris du passé proche, il importe de rappeler qu’il y a quelques années, Simone Veil défilait aux côtés de la Manif Pour Tous, provoquant la consternation du milieu politico-médiatique. Les journalistes mainstream avaient expliqué cette fameuse photo comme le résultat de la maladie et d’une pression subit par Simone Veil par son mari. Ils ne pouvaient se permettre de l’attaquer frontalement, l’ayant érigée volontairement en « sainte » républicaine, intouchable notamment du fait de son passage dans les camps de concentration nazis. Mais la réalité est bien plus dérangeante : Simone Veil était loin d’être la progressiste qu’ils nous ont vendu.

Ainsi, il suffit de réécouter le discours qu’elle a tenu à l’Assemblée Nationale pour le vote de la loi qui porte désormais son nom. Le 26 novembre 1974, Simone Veil prononce un discours qui est désormais entré dans l’Histoire de notre pays. Ministre de la Santé sous la présidence de Valéry Giscard D’Estaing, elle est mandatée par ce dernier pour porter devant l’Assemblée Nationale l’un des projets de loi les plus decriés de cette mandature : la dépénalisation de l’avortement.

Ce projet de loi ne visait pas à créer un droit ou à légaliser l’avortement, comme il est coutume de l’entendre aujourd’hui dans les médias mainstream (pratiquant ici un révisionnisme historique et juridique particulièrement mensonger) mais à dépénaliser une pratique illégale dangereuse. En effet, les femmes n’ont pas attendu cette loi pour se faire avorter. Celle qui étaient résolues d’aller jusqu’au bout le faisaient dans des conditions déplorables, et en sortaient souvent traumatisées, stériles voire finissaient par en mourir.

C’est afin de « contrôler » la pratique de l’avortement et d’ « autant que possible en dissuader la femme », que ce projet de loi était mené par Simone Veil. Dans ce discours limpide et tout en nuances, on l’entend ainsi dire de cette pratique que « la société tolère mais qu’elle ne saurait ni prendre en charge ni encourager » qu’elle doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue ». Par ailleurs, ce projet de loi était à la base prévu pour un délai de 5 ans, le temps de mettre en place des alternatives à cette pratique immonde qu’est l’avortement.

Cependant, s’il m’importait de rappeler la vérité sir cette fameuse loi de 1974, loin de moi l’idée de réhabiliter Sine Veil, car avec le recul, cette loi de dépénalisation peut vraiment être vue – à l’image de la loi légalisant le divorce – comme une véritable boite de Pandore. Certes, le discours de Simone Veil était tout en nuances mais comme le dit le proverbe « l’enfer est pavé de bonnes intentions ».

Simone Veil aurait pu (aurait dû) s’exprimer par la suite pour dénoncer ce qu’il advenait de « son » projet de loi. Avec son aura, elle aurait pu peser dans la balance. Mais elle a préféré garder le silence.

Aujourd’hui, cette loi de 1974 a été vidée de toute sa substance. L’avortement est baanlisé : 1 grossesse sur 4 se termine par un avortement (plus de 200 000 avortements sont donc pratiqués par an dans notre pays). L’encadrement de cette pratique n’est plus que purement médico-technique. Toute la dimension psychique est effacée, niée. La banalisation est multidimensionnelle : notion de « détresse » retirée, suppression du délai de réflexion en 2016, création d’un délit d’entrave à l’IVG en 2017, information et assistance par téléphone et par internet limitées, intervention en milieu médical facultative (pour les grossesses de moins de 5 semaines), remboursement par la sécurité sociale à 100% quelles que soient les circonstances… Cette banalisation est criminelle car de nombreuses femmes se trouvant dans une véritable situation de détresse psychique sont abandonnées à leur sort, voire sont poussées à l’avortement.

Sans compter que tous les arguments en faveur de l’avortement peuvent être balayés facilement par le bon sens et le réel. On évoque ainsi la pression et la honte que la société traditionnelle faisait peser sur les femmes, qui les poussaient à avorter dans la clandestinité, voire à mettre fin à leurs jours…. Mais quid de la pression qu’elles subissent désormais au nom de la réussite de leurs études, au nom de leur dévouement à leur carrière et à l’entreprise pour laquelle elles travaillent, au nom de la soi-disante importance d’avoir une situation pour avoir un enfant (notion d’enfant-projet) ? Quid des traumatismes psychiques et physiques entrainés par l’avortement beaucoup plus courants qu’on ne le croit ? Et surtout quid du droit de l’enfant à naitre ? On peut tergiverser pendant 107 ans sur les notions juridiques de fœtus et de bébé… Tout ce blabla est vain : au final, on empêche une vie de se développer.

L’avortement n’est pas un droit comme le dit Simone Veil mais « un échec quand il n’est pas un drame ». Sans compter qu’il existe une multitude de mesures moins radicales à prendre pour permettre aux femmes de mener leurs grossesses à terme. Mais ces mesures ne seront possibles que si on propose une alternative globale à la propagande libérale libertaire qui prospère dans les médias mainstream et dans les instances de décision, une alternative intégrant une réflexion de fond sur la place de la femme et de la famille dans notre société.

Ainsi, s’il fallait répondre à la question posée au début de cet article, il parait évident que Simone Veil est à la fois une femme incomprise par la majorité de nos contemporains, une idiote utilise par le Système et une traitre à la Nation française pour son silence coupable.

HENRI LAGRANGE CAMELOT DU ROI

HENRI LAGRANGE CAMELOT DU ROI

L’arrestation dernière de plusieurs militants d’extrême droite et surtout la cabale journalistique qui l’a suivi donne l’occasion de revenir sur le parcours d’un jeune homme représentatif de ce que peut donner l’alliance de la (trop grande) fougue de la jeunesse et des idées monarchistes et nationalistes.

Né en 1893, Henri Lagrange est publié dès 1910 dans la Revue critique des idées et des livres. Il se montre très prolifique et se fait rapidement remarquer pour ses talents d’écrivain par des grands de son époque : Barrès, Maurras, mais également par la suite Bernanos etc. Cependant, il se fait aussi connaître pour son caractère bouillonnant puisqu’il était en effet régulièrement impliqué dans des bagarres de rue, avec ses camarades Camelots du Roi.

C’est ainsi qu’en juin 1911, il gifle le modéré Armand Fallières, Président de la République de l’époque et membre du parti de Centre Gauche. Ce fameux Fallières qui eut le culot d’inaugurer le monument Proudhon à Besançon (ville natale de ce dernier). Quand on sait que ce Fallières représentait tout ce que combattait Proudhon et ses disciples, ça fait mal au cœur…

Malgré une énorme vague de soutiens en provenance des milieux artistiques et littéraires, Lagrange fera six mois de prison ferme pour ce geste. Deux ans plus tard, il est exclu de l’Action Française pour « activisme », les responsables du mouvement lui reprochant de chercher à organiser le coup de force ( !).

Avec son ami Georges Valois, il participe à la création du Cercle Proudhon, cercle intellectuel réunissant des militants de l’Action Française et des syndicalistes révolutionnaires. Ce cercle cherche à proposer une troisième voie pour sortir la France de la ploutocratie en réfléchissant à leurs points communs : la détestation du monde bourgeois, un certain conservatisme au niveau des mœurs, la question sociale, l’esprit proudhonien… Ce cercle de réflexion produit six cahiers de 1911 à 1914. Nationaliste passionné par les questions sociales, Henri Lagrange en est incontestablement l’un des rédacteurs principaux avec le syndicaliste révolutionnaire Edouard Berth (qui écrit sous le pseudo de Jean Darville) et le royaliste Georges Valois. S’il est intellectuellement très intéressant, produisant des écrits toujours d’actualité et organisant de nombreuses conférences, ce cercle prend fin avec l’avènement de la Première Guerre Mondiale. Syndicalistes révolutionnaires et nationalistes sont en désaccord sur la question de cette guerre. Les premiers s’y opposent, les seconds veulent la revanche contre l’Allemagne, l’ennemi de toujours de la France.

En effet, estimant que les intellectuels doivent donnés l’exemple, Henri s’engage volontairement sur le front dès août 1914. Le 30 octobre 1915, il décède de ses blessures, après l’attaque d’Auberive du 6 octobre. Il laisse derrière lui de grands espoirs perdus, de la part de ses ainés, et plusieurs écrits non achevés (en particulier un essai politique, La Ploutocratie Internationale, et un roman Vingt ans en 1914).

La comparaison avec les militants arrêtés paraitra peut-être déplacée, à plus d’un titre. Cependant, et malgré l’admiration pour le talent d’écrivain et pour l’engagement politique d’Henri Lagrange que l’on peut ressentir, on ne peut nier qu’il peut représenter sur certains aspects malgré lui l’importance en politique de n’agir que quand on en a les moyens et plus généralement de réfléchir avant d’agir. Sa mort est à l’image de celle de la jeunesse française de l’époque : brutale et inutile. Sa fougue et son envie d’en découdre ne sont pas des preuves de courage mais de naïveté liée autant à son jeune âge qu’à son caractère téméraire.

Sa mort rappelle aussi que le mouvement de l’Action Française, actuellement le plus vieux courant politique toujours en action, a mis très longtemps à se remettre de ses (nombreux) morts à la fin du premier conflit mondial. Cette situation étant combinée à une récupération du mouvement ouvrier par les marxistes, la ploutocratie régna de plus belle. Reste de ce brillant jeune homme, ses écrits intéressants. C’est le cas en particulier de ses diverses contributions dans les cahiers du Cercle Proudhon.

INDEPENDANCE OU AUTONOMIE ?

INDEPENDANCE OU AUTONOMIE ?

Petite réflexion du week-end sur la notion d’autonomie.

Que cela soit sur un plan intellectuel, sur un plan spirituel, sur un plan affectif ou sur un plan économique, l’indépendance est un leurre. On dépend toujours d’autrui. Sur le plan religieux il s’agit même d’un blasphème, tant l’affront est grand vis-à-vis de Dieu. Pour l’économique, l‘individu dispose seulement d’un certain libre-arbitre. Il compose avec la réalité. Sur le plan affectif, on peut même dire qu’il compose avec sa perception de la réalité. Par conséquent, au mieux, il peut donc choisir en qui et en quoi il sera dépendant.

Si l’humilité s’impose, cela ne signifie pas qu’un combat ne soit pas nécessaire. Et le mot combat n’a rien d’exagérer. Tout d’abord, à titre individuel, la lutte contre ses propres démons est grande (paresse, peur…). L’individu peut dans notre société chercher à être le plus autonome possible, vis-à-vis de l’Etat, des banques, de la société de consommation… Mais encore faut il le vouloir, et mettre en œuvre des changements dans sa vie pour entrer dans un cercle vertueux.

Il faut rappeler qu’il ne faut pas confondre autonomie et individualisme. En effet, l’idéologie libérale conçoit l’autonomie comme émancipation de l’individu. L’individu peut tout à fait augmenter son autonomie sans forcément entrer dans une perspective libérale, la recherche personnelle se combinant à une recherche d’autonomie du groupe social auquel il appartient.

Ainsi, accroitre son autonomie, ce n’est pas forcément se couper du monde. On peut décider d’un retour à la Terre, sans forcément devenir un ermite. On peut développer des compétences sans forcément refuser l’aide extérieure. La société moderne par le salariat et par l’accès généralisé à un certain confort a fait de nous des paresseux. Il est temps de se bouger pour trouver un juste équilibre, et ainsi faire de cette modernité une plus-value sans aliénation.

Cette petite réflexion sur l’autonomie de l’individu est d’ailleurs transposable à l’échelle nationale. Lorsqu’on parle de volonté d’indépendance du pays, notamment vis à vs de l’Union Européenne des États-Unis et de l’OTAN, on est souvent considéré comme étant fermé, comme prônant le renfermement sur soi. Alors que c’est tout le contraire. En exaltant les identités et en voulant les protéger d’un multiculturalisme destructeur et créateur de tensions communautaires, on défend la vraie diversité culturelle. Chez soi, on est avec les nôtres, ceux qui nous ressemblent et partagent un patrimoine culturel commun. Et lorsqu’on va à l’étranger, on découvre de nouvelles cultures. On y est bien accueilli car la majorité des cultures traitent ben l’étranger (dès lors ou d’ors et déjà un retour de cet étranger est prévu).

Prenons le cas très parlant de la mal nommée « émancipation féminine ». Le mouvement féministe est une réaction à l’avènement de la société bourgeoise du 19e siècle. Cet avènement s’est soldé par une perte magistrale d’autonomie de la femme vis-à-vis du groupe social comme vis-à-vis de son époux. Un certain nombre de femmes, notamment de femmes issues de classes aisées, par l’accès aux livres, ont pu se rendre compte de cette évolution. Elles se sont donc mises à réfléchir et à vouloir lutter contre ces injustices. Néanmoins, le mouvement féministe est venu lutter contre les changements imposés par cet avènement de la bourgeoisie, sans jamais réellement réussir à pointer du doigt la réelle cause de cette situation. Le problème n’était pas le patriarcat, mais l’aliénation de la femme par la société libérale et bourgeoise. Ce mouvement a permis aux femmes d’accéder au salariat (donc au salaire), au droit de vote, à la pilule et à l’avortement… Mais ces évolutions sont elles de réelles avancées ? Ayant autant de conséquences positives que négatives, elles ne peuvent être appelées avancées, les termes d’évolutions ou de changements seraient plus appropriés.

Ainsi une femme bénéficie en général de son propre salaire aujourd’hui. Cependant, au regard des nombreuses connaissances et compétences qui furent celles de la française moyenne par le passé, on peut se demander s elle n’y a pas sérieusement perdu au change, et même avancer l’idée  que la femme a régressé dans sa position sociale.

Au regard de l’histoire des femmes, on ne peut que porter un regard critique sur l’idée d’indépendance de la femme. Certains diront que la détention de ces connaissances et compétences est obsolète… Néanmoins, on ne peut que reconnaitre qu’il y a eu une perte massive d’autonomie de la femme. Elle est indépendante financièrement de son mari mais dépendante de son travail (donc de son patron) et des machines.

LA TRAHISON, ACTE BANAL DE LA SOCIETE MODERNE

LA TRAHISON, ACTE BANAL DE LA SOCIETE MODERNE

Quelques modestes réflexions autour de ma lecture de l’essai de l’écrivain suisse Eric Werner « le système de trahison » publié par les éditions l’âge d’Homme.

  1. DEMOCRATISATION DE LA TRAHISON

La trahison s’est généralisée, elle s’est démocratisée. Au-delà de la crise de l’État-nation,  elle se banalise dans les rapports humains. Ceux-ci deviennent plus éphémères, plus fragiles, même au sein des cellules jadis les plus solides telles que celle du couple ou de l’amitié. Les gens apprennent par ricochet à être plus égoïstes, plus individualistes.

La trahison est un élément qui participe à la crise sans précédent que rencontrent à l’heure actuelle le couple et la famille : le divorce plutôt que la recherche de conciliation, l’avortement plutôt que l’adoption ou l’acceptation de l’imprévisibilité de la Vie (qui en fait pourtant son charme), le don juanisme, un certain féminisme etc.

L’abus en tout genre devient ordinaire, normal. Même si un être refuse de (se) donner, on force et on prend, et on trouve ça parfaitement normal. On pousserait même l’abus à faire de la victime une égoïste qui refuse de partager. Les nombreuses dérives de la violation de la vie privée, notamment par le biais des NTIC (Nouvelles Techniques de l’Information et de la Communication) peuvent clairement être rattachées à cette banalisation de la trahison. L’anonymat qu’offre Internet accentue ce phénomène : vengeance, défoulement, sentiment d’impunité mais aussi profonde inconscience du mal et du bien, de ce qui se fait  et de ce qui ne se fait pas, le tout combiné à une autre caractéristique d’Internet : la quasi-impossibilité d’effacer l’abus.

Il est parfois difficile de définir les travers de notre société sans tomber dans le cliché, dans le poncif contre-productif. Avec la réflexion sur la banalisation de la trahison, on touche un élément fondamental de la société moderne et libérale qui est la nôtre, société où le relativisme règne.

  • UN PEUPLE A L’IMAGE DE SES ÉLITES

Ainsi, le peuple est à l’image de ses élites. Comme le souligne Eric Werner dans son livre le système de trahison, il est loin le temps de l’affaire Dreyfus où, coupable ou non, ce jeune militaire attisait les passions. Aujourd’hui, une part conséquente de nos inventions militaires et scientifiques sont dérobées, et cela n’émeut que quelques cercles restreints. Nos élites politiques se fourvoient sans cesse dans la trahison de la Nation française, la mise à mal de l’État-nation étant un prétexte à leur opportunisme et à leur lâcheté.

Il est vrai que le système politique tel qu’on le connait aujourd’hui dans nos sociétés occidentales est tout à fait pensé pour favoriser la trahison. Les partis politique sont pensés comme tels. La philosophe Simone Weil l’a démontré à sa manière dans sa percutante note sur la suppression générale des partis politiques. Mais le monde politique est en plein recomposition. En particulier en France. C’est pourquoi il importe de réfléchir aux moyens de lutte contre la trahison sous toutes ses formes et sur le système de trahison.

  • LUTTER CONTRE LE SYSTÈME DE TRAHISON

Ainsi est-ce une évolution inéluctable ? On en peut de toute façon s’y résoudre. Comme le dit si bien Dominique Venner, « Dans les revers, ne jamais se poser la question de l’inutilité de la lutte. On agit parce qu’il serait indigne de baisser les bras, et mieux vaut périr en combattant que se rendre ». Ainsi, on peut lutter contre la trahison en se montrant soi-même loyale et fidèle : à notre compagnon de vie, à notre famille, à nos amis, à nos camarades et collègues. Bref, ne pas soi-même succomber à la laideur du monde moderne, c’est déjà en soi lutter.

Quand au système de trahison, Eric Werner propose trois voies possibles de lutte : le recours à l’action violente, vivre dans les interstices du système en  attendant son écroulement de lui-même et travailler intellectuellement sur le système de trahison. Les deux dernières solutions sont pour moi les seules envisageables car l’action violente, et l’action terroriste en particulier, est très facilement récupérée par le système à son profit. Le terrorisme des années 70 (Les Brigades Rouges en particulier) en est un très bon exemple. Mais la récupération des actes terroristes islamistes par le système en est un autre, les terroristes servant à coup sur de parfaits idiots utiles.

Ainsi, on peut décider de vivre en marge de la société, ou ce qui est pour moi la solution la plus intelligente : un pied dedans un pied dehors. Bref, ne pas se couper de son peuple, tout en tenant de grappiller de l’autonomie là où il est possible d’en grappiller. Réfléchir sur la trahison, sur ses divers aspects sociaux et politiques, et tenter de proposer des solutions, des alternatives, montrer qu’un autre système est possible.