Le look faf est-il à la mode ?

par | 10 Mai 2020 | Arété

Aujourd’hui, parlons filles, parlons futiles. Le manteau que toute nana “se doit” de porter cet automne-hiver, c’est le bomber. Ce blouson d’aviateur est omniprésent dans les magasins de grande distribution, dans les réseaux de la fast fashion comme on dit. Il se décline dans toutes les couleurs et dans toutes les matières : rose, à motifs, en velours ou en satin, avec des broderies, tout y passe. Pourtant, si comme moi, vous arborez un look relativement sobre, sans chichis, ça donne un vêtement noir qui nous rappelle le look FAF dans son plus simple appareil.

C’est quoi le look FAF ?

FAF c’est l’acronyme de la France aux Français, ou aussi de Fascistes d’Action Française…Là, normalement, le décor est posé. Le look FAF c’est donc un look skinhead mais sans le côté cradingue.

Comment on porte le bomber ?

Les plus audacieuses le porteront avec d’autres pièces très présentes cet hiver : jean retroussé ou effilé, godillots, veste militaire…Mais là, je ne peux rien pour vous si on vous regarde bizarre dans la rue, surtout du côté des (omniprésents) bobos parisiens. Moi, je la joue sécu et reste avec mes petites robes noires et mes derbies. De toute façon, les pantalons c’est pour les garçons.

C’est quoi la Fast Fashion? 

Plus sérieusement, cette petite réflexion de nana sur le bomber permet surtout de revenir sur la notion de fast fashion. Cette expression anglo-saxonne désigne les circuits de fabrication et de commercialisation de la mode qui tendent à renouveler le plus rapidement possible les collections. La fast fashion, c’est donc des produits à prix peu élevés, fabriqués dans les pays du Tiers-Monde, souvent en Asie, qui ont vocation à ne durer guère plus qu’une saison dans la garde-robe du consommateur. La qualité est donc souvent minimale mais le vêtement a une forte connotation mode. La fast fashion vise donc une clientèle, souvent jeune, qui cherche à renouveler très souvent sa garde-robe, être à la pointe de la mode perçue par les prescripteurs de tendances et autres magazines féminins.

La marque ZARA est probablement une pionnière dans ce domaine. C’est même sans jeu de mot sa marque de fabrique : des pièces à haute teneur mode (qui frôlent souvent la contrefaçon soit dit en passant), produites à nombre réduit et sur un circuit court.

Il ne s’agit pas de dénigrer les vêtements vendus dans ce type de magasins. On y trouve bien évidemment de belles pièces. Il ne s’agit encore moins de donner la leçon à ceux qui y font leurs achats. Mais mener une réflexion sur son pouvoir en tant que consommateur est une des plus fortes actions citoyennes possibles dans notre société. Or la fast fashion est à la mode ce qu’est la fast food à la gastronomie… Cette façon de concevoir la fabrication et la commercialisation des vêtements pose de nombreux problèmes éthiques et environnementaux.

L’industrie du luxe semble s’accommoder fort bien de cette nouvelle méthode de fonctionnement des réseaux de grande distribution. Alors qu’on pourrait naïvement penser que le haut-de-gamme serait mécontent d’être copié à bas-coût, on se rend compte que cela fonctionne et relève du gagnant-gagnant pour l’industrie de la mode… au détriment de la planète et des travailleurs, que ce soit les ouvriers dans les pays pauvres ou de nos artisans, porteur de traditions séculaires, qui sont tout bonnement en voie de disparition.

Peur de manquer, sentiment d’exclusivité pour l’acheteur (“Rapid-Fire Fulfillment” selon une étude menée par des chercheurs de l’Université d’Harvard), sentiment de frustration pour celui qui ne peut acheter, faute de moyens financiers (“tout est permis mais rien n’est possible” comme le dit si bien le philosophe Michel Clouscard), consommation compulsive et inutile, obsession de l’apparence, surproduction, gaspillage, pollution, stress au travail, soutien à des régimes politiques répressifs, corruption… La liste des conséquences de cette façon de produire et de consommer est tellement longue! Cet article sera assurément suivi d’autres. En attendant, si vous comprenez bien l’anglais, vous pouvez visionner le documentaire The True Cost dont la bande annonce est disponible sur Youtube.

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