La prière du chapelet

La prière du chapelet

  1. La composition du chapelet

Le chapelet est composé de cinq « dizaines » de chapelet, matérialisés par cinq groupes de dix grains, entre lesquels s’insère un grain séparateur. Prier une dizaine de chapelet consiste à réciter un notre Père (grain séparateur initial), puis dix Je vous salue Marie (les dix grains) et enfin un Gloire au Père et la prière de l’Ange à Fatima (grain séparateur à l’issue de la dizaine).

Lorsque le chapelet est récité en entier, un grain séparateur sert à la fois à conclure la dizaine précédente (Gloire au Père + prière de l’Ange à Fatima) et à introduire la dizaine suivante (Notre Père). De plus, toujours lorsque le chapelet est récité en entier, il est introduit par le symbole des Apôtres (sur la croix du chapelet), un Notre Père (sur le grain isolé), trois Je vous Salut Marie (groupe de trois grains) et un Gloire au Père (dernier grain isolé). Sur ce dernier grain, on récite également le notre Père introductif à la première dizaine de chapelet.

N.B. : on appelle Rosaire un ensemble de trois chapelets.

SYMBOLE DES APOTRES : Je crois en Dieu, Le Père tout-puissant, Créateur du Ciel et de la Terre ; et en Jésus-Christ, son fils unique, Notre Seigneur, qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts ; est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois au Saint Esprit, à la Sainte Eglise Catholique, à la communion des Saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Ainsi soit-il.

NOTRE PERE : Notre Père qui êtes aux Cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel. Donnez-nous aujourd’hui notre pain de chaque jour, pardonnez nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, et  ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez nous du mal. Ainsi soit-il.

JE VOUS SALUE MARIE : Je vous salue Marie, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus le fruit de vos entrailles est béni. Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous pauvres pêcheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Ainsi soit-il.

GLOIRE AU PERE : Gloire soit au Père, au fils et au Saint Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

PRIERE DE L’ANGE A FATIMA : O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, et conduisez au ciel toutes les âmes. Nous vous prions spécialement pour celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

  • Les mystères du rosaire

La prière du rosaire comporte une deuxième dimension : à la récitation des prières (comme décrite ci-dessous) s’ajoute la méditation des Mystères du rosaire. Il s’agit, tandis que l’on récite pieusement les prières, de s’unir avec la Sainte Vierge aux grands évènements de la vie de Jésus (= mystères) pour y communier à la charité par laquelle Dieu nous a ainsi aimés, et demander des grâces particulières (= fruits du mystère). Le mystère et le fruit du mystère s’énoncent au début de la dizaine de chapelet, avant le Notre Père.

Ces mystères sont regroupés par cinq (un par dizaine), à savoir cinq mystères joyeux (centrés sur l’Incarnation), cinq mystères douloureux (centrés sur la Rédemption) et cinq mystères glorieux (centrés sur la vie future). Les mystères joyeux se récitent habituellement les lundi et jeudi, les mystères douloureux, les mardi et vendredi, les mystères glorieux les mercredi , samedi et dimanche.

MYSTERES JOYEUX (INCARNATION)

  1. L’Annonciation – fruit du mystère : l’humilité 

L’ange Gabriel, envoyé par Dieu, demande à la Vierge Marie de devenir la mère du Sauveur tout en restant vierge. Son humilité a attiré sur elle le regard du Ciel.

  • La Visitation – fruit : La Charité chrétienne

En témoignage de sa puissance, Dieu avait également fait annoncer à Marie qu’Elisabeth, sa cousine âgée et stérile, attendait un enfant. Marie part l’aider. Lors de leur rencontre, le futur Saint Jean-Baptiste tressaille dans le sein d’Elisabeth qui est ainsi avertie miraculeusement du mystère qui habite la Sainte Vierge.

  • La Nativité – fruit : le détachement des biens de ce monde

C’est Noël, la naissance de l’enfant Dieu dans la crèche de Bethléem, les habitants de la ville ayant refusé d’accueillir la Sainte Famille. « Mais à tous ceux qui l’ont reçu, a été donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jn , 1,9)

  • La Présentation de Jésus au Temple et la Purification de la Sainte Vierge – fruit : l’obéissance et la pureté

La sainte famille se soumet aux lois juives, et présente Jésus au Temple quarante jours après sa naissance, comme tout premier né censé appartenir à Dieu. Cette cérémonie  comprenait également la purification légale de la jeune mère. La figure ici devient réalité : Notre Seigneur appartient en vérité à Dieu (il est Dieu) et entre officiellement dans son temple.

  • Le recouvrement de Jésus au Temple – fruit : la recherche de Dieu en toute chose

A l’âge de 12 ans, Notre Seigneur reste au Temple après la Pâque, tandis que la Sainte Vierge et Saint Joseph le recherchent tout éplorés pendant trois jours. Ils le retrouvent enseignant au milieu des docteurs de la Loi.  « Ne savez vous pas que je dois être aux affaires de mon Père ? »

MYSTERES DOULOUREUX (Rédemption)

  1. L’Agonie de Jésus au jardin des Oliviers – fruit : la contrition (le regret) de nos péchés

La veille de sa passion, Le Christ, après avoir institué » l’Eucharistie lors de la dernière Cène, se retire de nuit au jardin des Oliviers, ou une terrible angoisse l’envahit : angoisse de sa mort qu’il voit par avance, angoisse surtout face au drame de nos péchés et de tant d’âmes qui, faute de les regretter, ne profiteront pas des fruits de sa Passion salutaire.

  • La flagellation – fruit : La mortification des sens (du corps, e la sensualité)

Arrêté et jugé injustement par Pilate, le Christ subit le supplice de la flagellation romaine dont on dit qu’un supplicié sur trois mourrait. « Notre Seigneur voulut ainsi expier plus partiellement les fautes d’impureté.

  • Le Couronnement d’épines – fruit : la mortification de l’esprit et du cœur (de l’orgueil et de l’amour propre)

Flagellé, Notre Seigneur est ensuite tourné en dérision par la cohorte de soldats, qui se moquent de sa royauté. C’est ce qu’avait fait le pêché d’orgueil d’Adam, refusant de vivre dans la dépendance de Dieu.

  • Le portement de la Croix – fruit : la patience dans les épreuves

Notre Seigneur est chargé de sa croix ; On le suivra intérieurement en toutes ces stations qui composent le chemin de croix.

  • La mort de Jésus sur la Croix – fruit : le don de soi à l’œuvre de la Rédemption

« Il m’a aimé et s’est livré pour moi ». Que ferai-je pour lui en retour ?

MYSTERES GLORIEUX (le Ciel)

  1. La résurrection de Jésus – fruit : la foi

Ressuscité des morts, le Christ glorieux est le premier né d’une multitude. Montrant la puissance de sa divinité, il entend nous en faire bénéficier.

  • L’Ascension – fruit : l’espérance, le désir du Ciel

Quarante jours après sa résurrection, Notre Seigneur s’élève au Ciel avec son corps glorieux, où il siège pour l’éternité. « Je m’en vais vous préparer une place », avait-il dit. « Si vous êtes ressuscités avec le Christ (par le baptême) recherchez les choses d’en haut, et non celles d’en bas »

  • La Pentecôte – fruit : la descente du Saint Esprit en nos âmes et le zèle apostolique

Dix jours après l’Ascension, le Saint Esprit envahit avec effusion les apôtres réunis au Cénacle. De timorés qu’ils étaient, ils partent prêcher l’Evangile dans l’univers entier, heureux d’avoir par la suite quelque chose à souffrir pour le Christ.  

  • L’Assomption de la Très Sainte Vierge Marie – fruit : la grâce d’une bonne mort

Notre Dame eut la grâce de monter au Ciel dès sa mort, et avec son corps. Celui-ci est glorieux dans les Cieux, comme celui de son divin fils.

  • Le Couronnement de la Très sainte vierge Marie dans le Ciel – fruit : une grande dévotion mariale

Pleine de grâce et glorieuse, la Sainte Vierge est Reine du Ciel et de la terre. Elle est médiatrice de toute grâce.

Jeanne d’Arc, notre modèle à tous

Jeanne d’Arc, notre modèle à tous

Le 30 mai 1431 mourrait la femme la plus connue de l’Histoire de France et peut être même du monde : Jeanne D’Arc. Portrait d’une jeune femme courageuse.

Jeanne d’Arc nait en 1412 à Domrémy, en Lorraine, au sein d’une famille de paysans plutôt aisée. Malgré le contexte de la Guerre contre les anglais (guerre de Cent ans), Jeanne mène une enfance heureuse. Ceux qui l’ont connue de son vivant la décrivent comme une joyeuse petite brune très pieuse. Elle ne va pas à l’école et restera toute sa courte vie illettrée. A l’âge de 13 ans, elle a sa première apparition : celle de Saint Michel, Sainte Catherine et Sainte Marguerite qui lui disent de conduire le roi à Reims pour le faire sacrer et de « bouter les Anglais hors de France ».

Jeanne a très peur mais ne dit rien à personne. Cependant, les voix réapparaissent régulièrement, toujours pour lui demander la même chose. A l’âge de 17 ans, alors que les anglais s’attaquent à la Lorraine, elle se décide à obéir aux voix.

Elle se rend à Vancouleurs pour rencontrer le capitaine Robert de Baudricourt, représentant du Dauphin. Elle le convainc de la laisser rencontrer ce dernier. Il lui confit plusieurs hommes, dont Jean De Metz et Bertrand de Poulengy, qui lui resteront fidèles tout au long de son épopée. Habillée et coiffée en homme, Jeanne va jusqu’à Chinon où se trouvait alors celui qui deviendra Charles VII. Se présentant comme Jeanne La Pucelle, elle réussit à le reconnaitre dans l’assemblée alors qu’elle ne l’a jamais vu et qu’il avait pris le soin de ne porter que des vêtements simples, un valet prenant sa place. Malgré cet exploit, Charles la fait interroger par les autorités ecclésiastiques à Poitiers, qui vérifient entre autre chose sa virginité.

Les autorités religieuses et Charles étant finalement convaincus, ce dernier lui confie une garde de quelques hommes et une armure et l’autorise à rejoindre un convoi destiné à secourir la ville d’Orléans.

Pendant près de six mois, Jeanne mène la bataille contre l’ennemi et remporte victoire sur victoire. Après la victoire d’Orléans, elle  prend même le temps de faire baptiser Charles à la Cathédrale de Reims, la Cité des Sacres. En vérité, elle a beaucoup insisté pour faire sacrer Charles dès la victoire d’Orléans. C’était en effet juridiquement et politiquement très rusé. D’ailleurs l’ennemi va rapidement comprendre l’enjeu de ce sacre et chercher à faire sacrer à la cathédrale Notre Dame de Paris l’autre prétendant au trône de France, le jeune Henri VI. Mais pour que le couronnement soit valide, il faut la Sainte Ampoule… Désormais, c’est plié ; juridiquement, il n’y a plus qu’un seul Roi sur la France, c’est l’héritier des Valois, Charles VII.

Plus Jeanne réussit son entreprise, plus la haine de l’ennemi grandit. C’est pourquoi, lorsque Jeanne –abandonnée à son sort par Charles VII – est faites prisonnière à Compiègne, l’occasion est parfaite. L’ennemi est malin : il ne l’exécute pas tout de suite, comme il serait coutume de le faire. Il veut utiliser Jeanne pour discréditer Charles VII en tant qu’héritier du trône. Il veut faire de Jeanne une folle, une sorcière. Et qui prendrait au sérieux un Roi conseillé par une folle ?

Le procès dure longtemps et Jeanne se montre exemplaire. Après avoir été une chef de guerre exceptionnelle, elle se révèle oratrice pleine de bon sens, met en place une plaidoirie et une défense l’air de rien. Pourtant l’issue était courue d’avance. Elle est condamnée au bucher.

Dix bonnes raisons de voir Jeanne comme une véritable héroïne à prendre en exemple :

  1. Elle symbolise le lien entre le catholicisme et la France
  2. Elle symbolise un patriotisme sincère et populaire
  3. Elle symbolise à elle seule la période médiévale
  4. Elle se révèle vite guerrière farouche mais ne tombe jamais dans la haine et la rancœur
  5. Elle a bouté l’ennemi hors de France
  6. Elle est déterminée, intelligente et pleine de bon sens
  7. Malgré son illettrisme, elle parle un français parfait
  8. Elle a une répartie de fou et de l’humour
  9. Faisant face à un véritable procès politique, elle se défend elle –même et avec brio (face à 70 juges !!!)
  10. Elle est restée fidèle à ses valeurs, digne, humble, courageuse et pieuse jusqu’au bout

POUR ALLER PLUS LOIN :

Film :

  • les filles au Moyen-Age d’Hubert Viel

Livres :

  • Jeanne d’Arc, le procès de Rouen de Jacques Tremollet de Villers
  • Le Roman de Jeanne D’Arc de Philippe de Villiers
  • Le mystère de la charité de Jeanne d’Arc de Charles Péguy