Simone Veil : femme incomprise, idiote utile ou traitre à la nation ?

Simone Veil : femme incomprise, idiote utile ou traitre à la nation ?

Morte le 30 juin dernier, Simone Veil a passionné le milieu médiatique ces derniers jours. Elle est désormais érigée en icône féministe et européiste, en figure de proue de la République. L’esprit moderne se caractérisant par sa capacité d’oubli du passé, y compris du passé proche, il importe de rappeler qu’il y a quelques années, Simone Veil défilait aux côtés de la Manif Pour Tous, provoquant la consternation du milieu politico-médiatique. Les journalistes mainstream avaient expliqué cette fameuse photo comme le résultat de la maladie et d’une pression subit par Simone Veil par son mari. Ils ne pouvaient se permettre de l’attaquer frontalement, l’ayant érigée volontairement en « sainte » républicaine, intouchable notamment du fait de son passage dans les camps de concentration nazis. Mais la réalité est bien plus dérangeante : Simone Veil était loin d’être la progressiste qu’ils nous ont vendu.

Ainsi, il suffit de réécouter le discours qu’elle a tenu à l’Assemblée Nationale pour le vote de la loi qui porte désormais son nom. Le 26 novembre 1974, Simone Veil prononce un discours qui est désormais entré dans l’Histoire de notre pays. Ministre de la Santé sous la présidence de Valéry Giscard D’Estaing, elle est mandatée par ce dernier pour porter devant l’Assemblée Nationale l’un des projets de loi les plus decriés de cette mandature : la dépénalisation de l’avortement.

Ce projet de loi ne visait pas à créer un droit ou à légaliser l’avortement, comme il est coutume de l’entendre aujourd’hui dans les médias mainstream (pratiquant ici un révisionnisme historique et juridique particulièrement mensonger) mais à dépénaliser une pratique illégale dangereuse. En effet, les femmes n’ont pas attendu cette loi pour se faire avorter. Celle qui étaient résolues d’aller jusqu’au bout le faisaient dans des conditions déplorables, et en sortaient souvent traumatisées, stériles voire finissaient par en mourir.

C’est afin de « contrôler » la pratique de l’avortement et d’ « autant que possible en dissuader la femme », que ce projet de loi était mené par Simone Veil. Dans ce discours limpide et tout en nuances, on l’entend ainsi dire de cette pratique que « la société tolère mais qu’elle ne saurait ni prendre en charge ni encourager » qu’elle doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue ». Par ailleurs, ce projet de loi était à la base prévu pour un délai de 5 ans, le temps de mettre en place des alternatives à cette pratique immonde qu’est l’avortement.

Cependant, s’il m’importait de rappeler la vérité sir cette fameuse loi de 1974, loin de moi l’idée de réhabiliter Sine Veil, car avec le recul, cette loi de dépénalisation peut vraiment être vue – à l’image de la loi légalisant le divorce – comme une véritable boite de Pandore. Certes, le discours de Simone Veil était tout en nuances mais comme le dit le proverbe « l’enfer est pavé de bonnes intentions ».

Simone Veil aurait pu (aurait dû) s’exprimer par la suite pour dénoncer ce qu’il advenait de « son » projet de loi. Avec son aura, elle aurait pu peser dans la balance. Mais elle a préféré garder le silence.

Aujourd’hui, cette loi de 1974 a été vidée de toute sa substance. L’avortement est baanlisé : 1 grossesse sur 4 se termine par un avortement (plus de 200 000 avortements sont donc pratiqués par an dans notre pays). L’encadrement de cette pratique n’est plus que purement médico-technique. Toute la dimension psychique est effacée, niée. La banalisation est multidimensionnelle : notion de « détresse » retirée, suppression du délai de réflexion en 2016, création d’un délit d’entrave à l’IVG en 2017, information et assistance par téléphone et par internet limitées, intervention en milieu médical facultative (pour les grossesses de moins de 5 semaines), remboursement par la sécurité sociale à 100% quelles que soient les circonstances… Cette banalisation est criminelle car de nombreuses femmes se trouvant dans une véritable situation de détresse psychique sont abandonnées à leur sort, voire sont poussées à l’avortement.

Sans compter que tous les arguments en faveur de l’avortement peuvent être balayés facilement par le bon sens et le réel. On évoque ainsi la pression et la honte que la société traditionnelle faisait peser sur les femmes, qui les poussaient à avorter dans la clandestinité, voire à mettre fin à leurs jours…. Mais quid de la pression qu’elles subissent désormais au nom de la réussite de leurs études, au nom de leur dévouement à leur carrière et à l’entreprise pour laquelle elles travaillent, au nom de la soi-disante importance d’avoir une situation pour avoir un enfant (notion d’enfant-projet) ? Quid des traumatismes psychiques et physiques entrainés par l’avortement beaucoup plus courants qu’on ne le croit ? Et surtout quid du droit de l’enfant à naitre ? On peut tergiverser pendant 107 ans sur les notions juridiques de fœtus et de bébé… Tout ce blabla est vain : au final, on empêche une vie de se développer.

L’avortement n’est pas un droit comme le dit Simone Veil mais « un échec quand il n’est pas un drame ». Sans compter qu’il existe une multitude de mesures moins radicales à prendre pour permettre aux femmes de mener leurs grossesses à terme. Mais ces mesures ne seront possibles que si on propose une alternative globale à la propagande libérale libertaire qui prospère dans les médias mainstream et dans les instances de décision, une alternative intégrant une réflexion de fond sur la place de la femme et de la famille dans notre société.

Ainsi, s’il fallait répondre à la question posée au début de cet article, il parait évident que Simone Veil est à la fois une femme incomprise par la majorité de nos contemporains, une idiote utilise par le Système et une traitre à la Nation française pour son silence coupable.